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PER 2026

Pourquoi la fenêtre fiscale se referme avant 70 ans

· 17 min de lecture
Par Théo Soussan · Fondateur, Boétie Capital Invest

Le Plan d'Épargne Retraite est depuis 2019 le dispositif de référence pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt. Avec plus de 12,5 millions de titulaires et 141 milliards d'euros d'encours à fin 2025, il s'est imposé comme l'enveloppe de prédilection des contribuables fortement imposés. La loi de finances 2026 en modifie les règles sur trois points. Deux constituent un durcissement. Un constitue un assouplissement bienvenu. Voici ce qu'il faut en retenir.

En résumé

  • Déductibilité des versements PER supprimée après 70 ans (depuis le 1er janvier 2026)
  • Prélèvements sociaux sur les gains PER portés à 18,6 % (vs 17,2 % pour l'assurance-vie)
  • Report des plafonds non utilisés étendu de 3 à 5 ans
  • La fenêtre 60-69 ans devient la période d'optimisation décisive
  • Plafond annuel : 10 % du revenu net imposable (max ~35 600 €) ou 10 % du PASS (~4 637 €)
Paramètre PERAvant LDF 2026Après LDF 2026
Déductibilité après 70 ansOui, sans limite d'âgeSupprimée
Prélèvements sociaux (gains)17,2 %18,6 %
PFU total30 %31,4 %
Report plafonds non utilisés3 ans5 ans
Plafond annuel salarié10 % revenu (max ~35 194 €)10 % revenu (max ~35 600 €)
Plafond annuel TNS10 % BIC/BNC + 15 % tranche supérieureInchangé

Ce qui change : la fin de la déductibilité après 70 ans

C'est la mesure la plus structurante. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER par un souscripteur de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles du revenu imposable. Tous les types de PER sont concernés : PER individuel, PERE collectif, PER obligatoire, ainsi que les versements au titre de l'épargne salariale dès lors que le bénéficiaire a atteint cet âge.

La logique du législateur est explicite : le PER avait progressivement été détourné de son objectif initial — préparer la retraite — pour devenir un outil de défiscalisation tardive, parfois combiné à une stratégie successorale. Un senior fortuné pouvait continuer à verser des sommes importantes sur son PER à 75 ou 80 ans, déduire ces versements de son revenu imposable, puis décéder avant la sortie, transmettant le capital dans un cadre fiscal favorable. Ce double avantage fiscal a été jugé excessif.

À noter : le versement sur un PER reste possible après 70 ans. Seule la déductibilité disparaît. En contrepartie, les sommes récupérées à la sortie correspondant à ces versements non déduits bénéficient d'une fiscalité de sortie allégée — exonération d'impôt sur le revenu sur les primes en cas de sortie en capital.

Ce qui change : la hausse des prélèvements sociaux sur les gains

Moins commentée mais tout aussi réelle : les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent de 17,2 % à 18,6 %, sous l'effet d'une hausse de la CSG votée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale 2026. Le PFU applicable aux gains lors d'un retrait en capital est donc désormais de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Ce point mérite d'être souligné : l'assurance-vie échappe à cette hausse. Les prélèvements sociaux sur l'assurance-vie restent à 17,2 %, et le PFU applicable y reste de 30 %. L'écart de 1,4 point entre PER et assurance-vie, qui n'existait pas auparavant, renforce l'attractivité de l'assurance-vie comme enveloppe de long terme, en particulier pour les versements effectués après 70 ans.

L'assurance-vie conserve ses prélèvements sociaux à 17,2 % quand le PER passe à 18,6 %. Un écart de 1,4 point qui n'existait pas avant 2026 et qui renforce l'intérêt de l'assurance-vie pour les profils à revenus élevés.

Ce qui s'améliore : le report des plafonds passe de 3 à 5 ans

En contrepartie de ces durcissements, la loi de finances 2026 étend le report des plafonds de déduction non utilisés de 3 à 5 ans. Jusqu'au 31 décembre 2025, lorsqu'un contribuable n'utilisait pas la totalité de son plafond annuel de déduction PER, la fraction non utilisée était reportable sur les trois années suivantes seulement. Au-delà, elle disparaissait définitivement.

À compter de 2026, cette fraction est reportable sur cinq ans. Un contribuable qui n'aurait pas versé sur son PER en 2026 pourra utiliser ce plafond jusqu'en 2031.

Un point important : cette mesure n'est pas rétroactive. Les plafonds non utilisés des années 2023, 2024 et 2025 restent soumis à l'ancienne limite de 3 ans. Seuls les plafonds générés à partir de 2026 bénéficient de la nouvelle durée de 5 ans.

Les trois types de PER : lequel est concerné ?

Depuis la loi PACTE de 2019, le Plan d'Épargne Retraite se décline en trois compartiments distincts. La suppression de la déductibilité après 70 ans les concerne tous, mais leurs mécanismes diffèrent. Il est indispensable de les distinguer pour piloter correctement sa stratégie.

Le PER individuel (PERin)

C'est le plus répandu. Ouvert à tous — salariés, indépendants, fonctionnaires, retraités — il est le successeur direct du PERP et du contrat Madelin. Le souscripteur effectue des versements volontaires, déductibles de son revenu imposable dans la limite du plafond annuel (10 % du revenu net imposable, plafonné à environ 35 600 € en 2026, ou 10 % du PASS soit environ 4 637 € si ce montant est supérieur). Ces versements alimentent le compartiment 1 du PER. C'est ce compartiment qui est directement et principalement affecté par la suppression de la déductibilité après 70 ans.

Le PER entreprise collectif (PERE-COL)

Successeur du PERCO, il est mis en place par l'employeur et ouvert à l'ensemble des salariés de l'entreprise. Il reçoit trois types de flux : les versements volontaires du salarié (compartiment 1), l'épargne salariale — intéressement, participation, abondement employeur, jours de CET (compartiment 2) — et éventuellement des versements obligatoires (compartiment 3). Le plafond de déductibilité des versements volontaires est le même que pour le PERin. La règle des 70 ans s'applique aux versements volontaires déductibles effectués par le salarié.

Le PER entreprise obligatoire (PERE-OB)

Il remplace l'ancien contrat « article 83 ». L'adhésion est obligatoire pour les catégories de salariés définies par l'employeur. Les cotisations obligatoires — patronales et salariales — alimentent le compartiment 3 et bénéficient d'un régime fiscal spécifique. Toutefois, le salarié peut également effectuer des versements volontaires sur ce support, qui entrent alors dans le compartiment 1 et suivent les mêmes règles de plafonnement et de déductibilité que le PERin. Là encore, passé 70 ans, ces versements volontaires perdent leur déductibilité.

En synthèse, quel que soit le type de PER détenu, la mécanique est identique : les versements volontaires déductibles (compartiment 1) cessent de produire un avantage fiscal à l'entrée dès lors que le souscripteur atteint 70 ans. Les versements d'épargne salariale (compartiment 2) et les cotisations obligatoires (compartiment 3) ne sont pas directement concernés par cette limite d'âge, car leur régime de déduction obéit à des règles propres. Mais dans la pratique, c'est bien le compartiment 1 qui concentre l'essentiel de l'optimisation fiscale recherchée par les contribuables à revenus élevés.

Ce que cela implique concrètement : la fenêtre 60-69 ans

La conjonction de ces trois mesures dessine une conclusion claire : la fenêtre d'optimisation du PER se concentre désormais sur les années qui précèdent 70 ans.

Pour un contribuable en tranche marginale à 41 % ou 45 %, chaque euro versé sur son PER génère 41 ou 45 centimes d'économie d'impôt immédiate. C'est un rendement fiscal instantané sans équivalent dans le paysage des placements français. Mais ce rendement s'éteint le jour des 70 ans.

L'extension du report à 5 ans offre un levier supplémentaire pour les années creuses : un contribuable dont les revenus varient — indépendant, dirigeant, professions libérales — peut accumuler des plafonds non utilisés sur plusieurs années et les mobiliser lors d'une année à revenus exceptionnels, concentrant ainsi l'économie fiscale au moment où la tranche marginale est la plus élevée.

PER vs Assurance-vie après 70 ans : le nouveau calcul

Avec la suppression de la déductibilité après 70 ans et la hausse des prélèvements sociaux, la question de l'arbitrage entre PER et assurance-vie se pose désormais en termes radicalement différents. Voici une comparaison point par point.

CritèrePER (après 70 ans)Assurance-vie (après 70 ans)
Déductibilité à l'entréeNonNon
Fiscalité des gains en coursAucuneAucune
Prélèvements sociaux18,6 %17,2 %
PFU à la sortie31,4 %30 % (après 8 ans: 24,7 %)
TransmissionDroits de succession classiquesAbattement 30 500 € (art. 757 B)
LiquiditéBloquée jusqu'à la retraiteDisponible à tout moment

Le constat est sans ambiguïté. Après 70 ans, le PER perd son principal atout — la déductibilité à l'entrée — tout en conservant sa contrainte majeure : le blocage des fonds jusqu'à la retraite (ou la survenance d'un cas de déblocage anticipé). Pire, le PFU applicable est désormais de 31,4 % contre 30 % pour l'assurance-vie, et seulement 24,7 % pour un contrat d'assurance-vie de plus de huit ans (7,5 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € pour un couple).

En matière de transmission, l'écart se creuse encore. Le PER entre dans l'actif successoral classique et supporte les droits de succession au barème progressif, sans abattement spécifique. L'assurance-vie, même pour les primes versées après 70 ans, bénéficie de l'abattement de 30 500 € prévu à l'article 757 B du CGI, et les gains générés sur ces primes sont totalement exonérés de droits de succession. Pour un patrimoine conséquent, cette différence de traitement peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Concrètement, pour un contribuable de plus de 70 ans qui dispose de liquidités à investir, l'assurance-vie retrouve une supériorité nette sur le PER : meilleure liquidité, fiscalité de sortie plus douce, et transmission plus avantageuse. Le PER ne conserve un intérêt après cet âge que dans des cas de figure très spécifiques — par exemple lorsque le souscripteur anticipe une baisse significative de sa tranche marginale à la retraite et souhaite renoncer à la déduction à l'entrée pour bénéficier d'une exonération d'IR sur les primes à la sortie.

Un exemple chiffré

Un dirigeant de 62 ans, tranche marginale à 41 %, n'a versé que 3 000 € par an sur son PER ces 4 dernières années. Son plafond annuel est de 15 000 €. Il dispose donc de 48 000 € de plafonds reportés non utilisés (4 ans × 12 000 € de plafond non consommé), auxquels s'ajoutent 15 000 € de plafond pour l'année en cours.

En versant 63 000 € sur son PER cette année, il génère une économie d'impôt de 25 830 € (63 000 € × 41 %), immédiatement. Un rendement fiscal de 41 % sur le versement, avant même tout rendement financier du contrat.

Avec les nouvelles règles, les plafonds générés à partir de 2026 resteront mobilisables pendant 5 ans. Pour ce dirigeant qui n'a pas encore 65 ans, la stratégie est d'alimenter massivement le PER jusqu'à 69 ans, en utilisant chaque année les plafonds disponibles — y compris reportés — pendant que la déductibilité est pleine.

Stratégie de rattrapage : maximiser les versements avant 70 ans

Prenons un cas concret que nous rencontrons régulièrement en cabinet. Marc et Catherine, mariés sous le régime de la communauté, sont âgés respectivement de 65 et 63 ans. Tous deux sont en tranche marginale d'imposition à 45 %. Ils n'ont versé que des montants modestes sur leurs PER respectifs ces dernières années, absorbés par d'autres investissements.

Voici leur situation consolidée :

Marc (65 ans) — plafond PER disponible :

Catherine (63 ans) — plafond PER disponible :

En versant chacun le maximum de leurs plafonds en 2026, le couple peut déduire un total de 245 600 € de son revenu imposable. À une TMI de 45 %, l'économie d'impôt représente 110 520 € — en une seule année fiscale.

La stratégie ne s'arrête pas là. Il est essentiel de prioriser les plafonds les plus anciens, ceux de 2023, qui expirent fin 2026 sous l'ancien régime de report à 3 ans. Les plafonds générés à partir de 2026 bénéficieront quant à eux du nouveau report à 5 ans, offrant davantage de flexibilité pour les années suivantes.

Concrètement, le calendrier d'optimisation pour ce couple se décompose ainsi :

Au total, sur la période 2026-2032, ce couple peut générer une économie fiscale cumulée de l'ordre de 350 000 à 400 000 €, à condition de piloter précisément les versements et de ne laisser aucun plafond expirer sans être utilisé. C'est un exercice de coordination qui nécessite un suivi annuel rigoureux, mais dont le rendement fiscal est considérable.

Le piège de la sortie en capital : attention à la CDHR

Le PER offre une souplesse appréciable à la sortie : le souscripteur peut opter pour une sortie en rente viagère, en capital, ou un panachage des deux. La sortie en capital est souvent privilégiée par les contribuables à patrimoine élevé, car elle permet de récupérer l'intégralité des sommes en une ou plusieurs fois.

Mais cette souplesse comporte un piège fiscal majeur que trop de souscripteurs négligent : l'impact sur le revenu fiscal de référence (RFR) et, par extension, sur la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR).

En effet, lors d'une sortie en capital, la part correspondant aux versements déductibles est intégralement soumise à l'impôt sur le revenu au barème progressif. Elle entre donc dans le calcul du RFR. Pour un contribuable qui rachète un PER conséquent — disons 300 000 € en une seule fois — ce rachat s'ajoute à ses autres revenus et peut propulser son RFR bien au-delà des seuils déclenchant la CDHR : 250 000 € pour un célibataire, 500 000 € pour un couple.

La CDHR, instaurée en 2025 et renforcée par la loi de finances 2026, impose un taux effectif minimum d'imposition de 20 %. Combinée au barème progressif et aux prélèvements sociaux, elle peut porter la charge fiscale totale d'un rachat PER important à des niveaux très significatifs, annulant partiellement le bénéfice de la déduction obtenue à l'entrée.

La stratégie pour éviter ce piège est le fractionnement. Plutôt que de sortir en capital en une seule fois, le contribuable a intérêt à étaler ses rachats sur plusieurs années fiscales, de manière à maintenir son RFR en dessous des seuils de la CDHR. Un rachat de 300 000 € étalé sur 4 ans (75 000 € par an) produit un effet radicalement différent d'un rachat unique. Nous détaillons cette mécanique et les seuils applicables dans notre article consacré à la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus.

La combinaison PER + CDHR nécessite un pilotage précis. Un rachat PER massif peut déclencher la contribution différentielle et réduire considérablement l'avantage fiscal obtenu à l'entrée. Le fractionnement des sorties sur plusieurs années est souvent indispensable.

La bonne question à se poser

Pour tout contribuable entre 55 et 69 ans fortement imposé : quel est mon plafond PER disponible, y compris les reports des années précédentes ? Ce chiffre figure sur l'avis d'imposition, rubrique « Plafond épargne retraite ». Il est souvent bien supérieur à ce que les clients imaginent, précisément parce que les versements ont été insuffisants ou irréguliers.

Questions fréquentes

Quel est mon plafond PER exact et où le trouver ?

Votre plafond de déduction PER figure sur votre dernier avis d'imposition, dans le cadre « Plafond épargne retraite » situé en page 2 ou 3 du document. Il indique le plafond de l'année en cours ainsi que les plafonds non utilisés des années précédentes, reportables. Pour un salarié, le plafond annuel est de 10 % du revenu net imposable de l'année N-1, avec un maximum d'environ 35 600 € en 2026. Si ce montant est inférieur à 10 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), c'est ce plancher qui s'applique, soit environ 4 637 €. Pour les travailleurs non-salariés (TNS), un plafond complémentaire de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS s'ajoute au plafond de base. Pensez à vérifier également le plafond de votre conjoint si vous êtes marié ou pacsé : la mutualisation des plafonds entre conjoints est possible et souvent sous-exploitée.

Puis-je transférer un ancien PERP ou Madelin vers un PER ?

Oui. La loi PACTE a expressément prévu la portabilité des anciens contrats d'épargne retraite vers le PER. Un PERP, un contrat Madelin, un PERCO ou un article 83 peuvent être transférés vers un PER individuel ou un PER entreprise. Le transfert est exonéré de fiscalité : il n'y a ni imposition ni prélèvements sociaux au moment du transfert. Les droits acquis sont préservés. En revanche, des frais de transfert peuvent s'appliquer si le contrat d'origine a moins de 5 ans (maximum 1 % de l'encours). Au-delà de 5 ans, le transfert est gratuit. Ce transfert est souvent recommandé car il permet de regrouper l'épargne retraite sur un seul support, de bénéficier de la souplesse de sortie du PER (capital, rente ou mixte) et d'accéder à une gamme d'investissement plus large. Il est toutefois important de vérifier que les conditions du nouveau PER — frais de gestion, qualité de l'allocation, options de gestion — sont au moins équivalentes à celles de l'ancien contrat.

Sortie en capital ou en rente : quel est le plus avantageux ?

La réponse dépend de votre situation personnelle, de votre patrimoine global et de vos objectifs. La sortie en capital offre une flexibilité maximale : vous récupérez vos fonds et pouvez les réinvestir librement. Toutefois, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème progressif de l'IR, et les gains sont soumis au PFU de 31,4 %. Une sortie en capital massive peut déclencher la CDHR si le RFR dépasse les seuils. La sortie en rente viagère assure un revenu garanti à vie. La rente est imposée selon les règles des pensions et retraites (abattement de 10 %) et supporte les prélèvements sociaux de 18,6 % sur une fraction déterminée par l'âge de liquidation. En règle générale, la sortie en capital — fractionnée sur plusieurs années pour limiter la progressivité — est plus avantageuse pour les patrimoines élevés. La rente convient davantage aux profils recherchant la sécurité d'un revenu régulier sans patrimoine financier important par ailleurs.

Le PER est-il intéressant si je suis en TMI 30 % ?

L'intérêt du PER est directement proportionnel à l'écart entre votre TMI actuelle (au moment du versement) et votre TMI future (au moment de la sortie). À 30 %, le levier fiscal est réel mais plus modéré : chaque euro versé génère 30 centimes d'économie d'impôt. Le PER reste pertinent si vous anticipez une baisse de tranche à la retraite — par exemple un passage de 30 % à 11 %. Dans ce cas, l'économie nette est de 19 points par euro versé, un rendement fiscal significatif. En revanche, si votre tranche marginale risque de rester identique à la retraite, ou si vos revenus futurs sont incertains, l'avantage s'amenuise. Il faut alors comparer avec les alternatives : l'assurance-vie, dont la fiscalité de sortie après 8 ans est très compétitive, ou l'investissement immobilier en dispositif fiscal. Dans tous les cas, le PER ne doit jamais être envisagé uniquement sous l'angle fiscal : la qualité de l'allocation, les frais de gestion et la cohérence avec votre stratégie patrimoniale globale sont déterminants.

Que devient mon PER en cas de décès avant la retraite ?

En cas de décès du titulaire avant la liquidation du PER, le capital accumulé est transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire du contrat — ou, à défaut, aux héritiers légaux. Le régime fiscal applicable dépend de l'âge du décès. Si le décès survient avant 70 ans, le PER assurance bénéficie du régime de l'article 990 I du CGI : chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 €, et 31,25 % au-delà. Si le décès survient après 70 ans, c'est le régime de l'article 757 B qui s'applique : abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, puis les droits de succession au barème classique. Pour un PER bancaire (compte-titres), le capital entre dans l'actif successoral sans abattement spécifique, quel que soit l'âge du décès. C'est pourquoi le choix entre PER assurance et PER bancaire a des conséquences patrimoniales importantes qu'il convient d'anticiper.

Identifier cet espace fiscal disponible et décider comment l'utiliser avant 70 ans : c'est l'un des exercices les plus rentables que nous réalisons avec nos clients dans le contexte actuel.
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