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· 9 min de lecture
Par Théo Soussan · Fondateur, Boétie Capital Invest

Pétrole autour de 110 dollars, inflation de la zone euro remontée à 3 %, BCE immobile, et des marchés actions qui évoluent en dents de scie au rythme des tensions géopolitiques : le premier semestre 2026 aura mis les nerfs des investisseurs à l'épreuve. Après un pic historique à 8 642 points en début d'année, le CAC 40 a corrigé d'environ 13 % dans le sillage de l'escalade entre l'Iran, les États-Unis et Israël, avant de rebondir de plus de 12 % à partir de fin mars. En mai, l'indice parisien a oscillé dans un couloir étroit, entre 7 950 et 8 250 points, pour clôturer le mois à 8 183 points. Résultat : beaucoup d'épargnants sont sortis, ou n'osent pas entrer, et les liquidités s'accumulent. La vraie question de cet été n'est pas « faut-il revenir sur les marchés ? », mais « sous quelle forme ? ».

En résumé

  • Premier semestre 2026 : record du CAC 40 à 8 642 points, correction de ~13 % sur les tensions au Moyen-Orient, rebond, puis marché sans direction
  • La BCE a maintenu son taux de dépôt à 2 % le 30 avril, face à une inflation remontée à 3 % (choc pétrolier, Brent vers 110 $)
  • Le monétaire rémunère autour de 2 % : en dessous de l'inflation, les liquidités perdent du pouvoir d'achat
  • La volatilité élevée améliore mécaniquement les conditions d'émission des produits structurés : coupons plus élevés, barrières plus protectrices
  • La bonne réponse est rarement binaire : séquencer les points d'entrée et étager les niveaux de protection

Le paradoxe de l'été 2026 : du cash qui coûte cher

Détenir des liquidités a rarement semblé aussi confortable : les fonds monétaires rémunèrent encore autour de 2 %, sans volatilité. Mais avec une inflation remontée à 3 % en zone euro sous l'effet du choc pétrolier, le rendement réel du cash est redevenu négatif : environ -1 % par an. Sur 500 000 € de trésorerie, c'est de l'ordre de 5 000 € de pouvoir d'achat évaporés chaque année — en silence.

La croissance de la zone euro a ralenti à 0,8 % en rythme annuel au premier trimestre, et la BCE, coincée entre une inflation importée qu'elle ne contrôle pas et une activité fragile, a choisi le statu quo le 30 avril. Autrement dit : personne ne viendra revaloriser votre cash. Attendre « que ça se calme » a un coût réel, croissant, et l'histoire des marchés montre que les points d'entrée les plus rémunérateurs se présentent précisément quand la visibilité est la plus faible.

Ce que la volatilité change pour les produits structurés

Il existe une catégorie d'instruments dont les conditions s'améliorent mécaniquement quand les marchés deviennent nerveux : les produits structurés. La logique est contre-intuitive mais robuste : le coupon d'un produit structuré rémunère, pour partie, la volatilité vendue à l'émission. Plus la volatilité est élevée, plus le coupon offert est important — à niveau de protection égal.

Concrètement, dans les conditions de marché de ce printemps, les émissions que nous avons structurées pour nos clients offrent des couples rendement/protection sensiblement plus favorables qu'en période calme : des coupons de l'ordre de 8 à 12 % sur indices larges avec des barrières de protection à -40 % ou -50 %, et des produits défensifs à capital garanti autour de 5 à 7 %. S'y ajoute un second avantage, souvent sous-estimé : entrer après une correction signifie que le niveau initial du sous-jacent — celui à partir duquel se mesurent la barrière et le remboursement — est déjà bas. La protection réelle s'en trouve démultipliée.

Un produit structuré souscrit sur un point d'entrée déprimé avec une barrière à -50 % ne subit une perte en capital que si le marché s'enfonce de moitié en dessous d'un niveau déjà corrigé. Ce cumul « point d'entrée bas + barrière profonde » est la configuration la plus recherchée — et elle ne dure jamais. Nous l'expliquions déjà lors de la correction d'avril 2025 : marchés en baisse, le meilleur moment pour les produits structurés.

Fonds en euros, monétaire, obligations : le match des poches défensives

Pour la part du patrimoine qui doit rester défensive, trois solutions dominent. Le fonds en euros conserve la garantie du capital et des rendements servis en amélioration ; logé en assurance-vie, il bénéficie en outre de prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % — un avantage renforcé depuis que la hausse de la CSG frappe les autres poches de taux à 18,6 %. Le monétaire reste pertinent pour la trésorerie de très court terme, mais son rendement suivra la BCE — à la baisse dès que l'institution assouplira. Les obligations et produits structurés à capital garanti permettent, eux, de figer dès aujourd'hui des rendements sur plusieurs années, en profitant de conditions d'émission dopées par la volatilité.

SolutionRendement indicatifCapitalFiscalité des gains (en assurance-vie)
Fonds monétaire~2 %Très faible risque18,6 % à 31,4 % hors AV
Fonds en euros2,5 à 4 % selon contratsGaranti17,2 % (PS annuels), 24,7 % après 8 ans
Structuré capital garanti5 à 7 % visésGaranti à l'échéance*Fiscalité de l'assurance-vie
Structuré défensif (barrière -40/-50 %)8 à 12 % visésProtégé jusqu'à la barrière*Fiscalité de l'assurance-vie

* Sous réserve de la solvabilité de l'émetteur ; capital garanti ou protégé à l'échéance uniquement. Rendements visés, non garantis.

La méthode : séquencer plutôt que prédire

Personne ne sait si le point bas de cette séquence géopolitique est derrière nous. La bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire de le savoir. Trois principes suffisent à transformer un environnement anxiogène en plan d'action.

Étaler les points d'entrée. Répartir les souscriptions sur plusieurs semaines ou mois — et sur plusieurs émissions pour les produits structurés — lisse le risque de timing et permet de capter les pics de volatilité quand ils se présentent.

Étager les niveaux de protection. Combiner une poche à capital garanti, une poche défensive à barrière profonde et, pour les profils dynamiques, une poche actions achetée sur repli, plutôt que de chercher le produit unique « parfait ».

Loger les instruments dans la bonne enveloppe. En assurance-vie — française ou luxembourgeoise, les coupons et remboursements se réinvestissent sans frottement fiscal, et la poche défensive bénéficie des prélèvements sociaux à 17,2 %. Notre simulateur d'épargne permet de mesurer ce que quelques points de rendement changent sur dix ans.

La bonne question à se poser

Combien me coûte, en euros par an, l'argent qui attend ? Une fois ce chiffre posé — rendement réel négatif multiplié par le montant des liquidités, la discussion change de nature : il ne s'agit plus de deviner la direction des marchés, mais d'organiser un déploiement progressif, protégé et fiscalement efficace. C'est un travail de structuration, pas de pronostic.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas simplement attendre en fonds monétaire que les marchés se calment ?

Parce que l'attente a un coût mesurable. Avec un monétaire autour de 2 % et une inflation à 3 %, le rendement réel des liquidités est d'environ -1 % par an. Et les conditions attractives — volatilité élevée, points d'entrée bas — disparaissent précisément quand les marchés se calment. Attendre le confort, c'est accepter de payer plus cher pour un rendement moindre.

Pourquoi la volatilité améliore-t-elle les coupons des produits structurés ?

Le coupon d'un produit structuré rémunère en partie la volatilité vendue à l'émission via les options qui composent le produit. Quand la volatilité est élevée, ces options valent plus cher, ce qui finance des coupons plus généreux ou des barrières plus protectrices. C'est pourquoi les meilleures conditions d'émission apparaissent dans les marchés agités, jamais dans les marchés calmes.

Quels sont les risques d'un produit structuré souscrit en période de tensions ?

Les risques structurels demeurent : perte en capital si la barrière est franchie à l'échéance, liquidité réduite en cours de vie, et risque de défaut de l'émetteur — d'où l'importance de sélectionner des banques émettrices de premier plan et de diversifier les émissions. En revanche, souscrire après une correction réduit le risque de timing : la barrière se mesure à partir d'un niveau de marché déjà bas.

Le fonds en euros est-il redevenu intéressant en 2026 ?

Oui, relativement. Les rendements servis se sont redressés (2,5 à 4 % selon les contrats), le capital est garanti, et l'enveloppe assurance-vie conserve des prélèvements sociaux à 17,2 % là où les autres placements de taux sont passés à 18,6 %. Pour la poche de sécurité d'un patrimoine, le fonds en euros logé dans un bon contrat redevient un socle pertinent, complété par des produits garantis à échéance pour capter davantage de rendement.

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