Les deux scénarios comparés
Vous venez de céder. L'impôt de plus-value est dû. Deux chemins :
- Scénario 1 — l'impôt est payé sur le produit de la cession. C'est le réflexe naturel : on règle ce qu'on doit, on investit ce qu'il reste. Le capital mis au travail est amputé du montant de l'impôt, définitivement.
- Scénario 2 — l'impôt est financé par un crédit lombard. La totalité du produit est investie dès le premier jour. Le portefeuille est nanti au profit de la banque dépositaire, qui consent un crédit du montant de l'impôt. Le capital travaille en entier ; en contrepartie, le crédit a un coût et devra être remboursé.
Les deux scénarios partent exactement du même patrimoine net. C'est ce que montre le point de départ commun des deux courbes : elles ne divergent qu'ensuite.
Comment est calculée cette estimation ?
- Impôt dû = produit de la cession × part imposable × taux d'imposition.
- Scénario 1 : (produit − impôt) capitalisé au rendement annuel choisi sur l'horizon retenu.
- Scénario 2, intérêts payés chaque année : la totalité du produit capitalise au même rendement ; chaque année, les intérêts (montant emprunté × taux du crédit) sortent du portefeuille et cessent donc de produire ; au terme, le capital emprunté est remboursé.
- Scénario 2, intérêts capitalisés : rien ne sort du portefeuille, mais la dette grossit au taux du crédit et le solde est remboursé au terme.
- Rendement pivot : le calcul donne un résultat remarquable et exact — les deux scénarios se valent très précisément lorsque le rendement du portefeuille égale le taux du crédit. Au-dessus, le financement gagne ; en dessous, il perd. Tout le reste n'est qu'une question d'amplitude : le montant emprunté et la durée multiplient l'écart, ils n'en changent pas le sens.
- Quotité de nantissement = montant emprunté rapporté à la valeur du portefeuille, à comparer au plafond accordé par la banque. La baisse tolérée est le recul du portefeuille qui amènerait la quotité à ce plafond et déclencherait un appel de marge.
Ce que le calcul ne dit pas
- Le frottement fiscal des rachats. Lorsque les intérêts sont servis par des rachats partiels sur un contrat d'assurance-vie, la part de plus-value contenue dans chaque rachat est imposée. Ce coût, propre au mécanisme de l'assurance-vie, n'est pas modélisé ici : il réduit légèrement l'écart affiché.
- La fiscalité de sortie. Les valeurs comparées s'entendent avant imposition des gains à la sortie, qui s'applique dans les deux scénarios.
- Le calendrier. L'impôt de plus-value mobilière n'est exigible qu'en septembre de l'année suivant la cession. Ce décalage joue en faveur du scénario 2 et n'est pas compté.
- Le risque. Un rendement moyen n'est pas un rendement garanti. Le crédit lombard fait porter au patrimoine un risque d'appel de marge, et donc de cession forcée au plus mauvais moment. C'est la raison pour laquelle la quotité doit rester basse et le portefeuille construit pour porter le crédit.
Ce mécanisme est détaillé, chiffres à l'appui, dans notre étude de cas d'ingénierie post-cession et dans le guide complet du crédit lombard.