De 22 M€ cash à une architecture patrimoniale
Contexte client
Une entrepreneure de 46 ans vient de céder 100 % d'une société qu'elle a bâtie pendant douze ans. Prix de cession : 22 M€. Elle est mère de deux enfants de 12 et 9 ans. Son objectif n'est pas de créer une nouvelle société : elle veut un patrimoine qui dure, qui lui procure un revenu régulier sans l'obliger à « grignoter » le capital, et qu'elle puisse transmettre à ses enfants dans de bonnes conditions.
L'horizon est long : trente ans au moins. Les besoins sont multiples : train de vie, opportunités d'investissement ponctuelles, sécurité, transmission. Aucun de ces besoins ne se satisfait d'une solution unique. D'où la construction en poches, chacune dédiée à une fonction.
Ce qui se passe sans conseiller
La tentation est forte de procéder « au feeling » : une partie en assurance-vie classique, une partie en immobilier locatif acheté en pleine propriété, une partie en private equity via un fonds connu, une partie en liquidités. Chaque décision est rationnelle prise isolément, mais l'ensemble n'a pas de cohérence. Les revenus sont imprévisibles, la fiscalité est dispersée, la transmission ultérieure devient un chantier à rouvrir à chaque fois.
La question n'est pas de savoir si chaque produit est bon. La question est de savoir si l'ensemble répond à un projet. Sans architecte, c'est rarement le cas.
Ce qui se passe avec BCI
L'allocation est construite en quatre poches, chacune répondant à une fonction distincte, logée dans l'enveloppe fiscale la plus cohérente avec son horizon. Toutes sont principalement investies en produits structurés sur-mesure, fabriqués en interne pour s'adapter précisément aux besoins de coupons, d'échéances et de protection.
Poche 1 — Coupons réguliers (12 M€ / 55 %)
La poche principale est dédiée à la génération de revenus récurrents. Elle est logée dans un contrat d'assurance-vie luxembourgeoise et investie en produits structurés sur-mesure à capital protégé offrant des coupons contractuels de l'ordre de 7 à 9 %. Ces coupons sont conçus pour tomber régulièrement, avec des dates d'observation trimestrielles ou semestrielles. L'AV Lux permet de capitaliser dans un cadre fiscal avantageux et de sortir les coupons par rachats partiels, avec la fiscalité réduite au-delà de 8 ans (art. 125-0 A CGI : taux réduit + abattement annuel).
Poche 2 — Croissance protégée (5 M€ / 23 %)
Cette poche capture la croissance potentielle des marchés actions tout en offrant une protection contractuelle contre les baisses. Elle est composée de produits structurés indexés sur des indices actions (Euro Stoxx, CAC 40, MSCI World) avec des barrières de protection du capital à l'échéance : par exemple, capital garanti tant que l'indice sous-jacent n'a pas baissé de plus de 40 % à la date d'observation finale. L'AV Lux multi-devises permet de diversifier l'exposition entre EUR, USD et devises complémentaires.
Poche 3 — Transmission optimisée (3 M€ / 14 %)
Cette poche est logée dans un contrat de capitalisation luxembourgeois, démembré au profit des enfants. La nue-propriété est donnée aux deux enfants avec réserve d'usufruit pour l'entrepreneure. Les abattements de l'article 779 CGI (100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans) sont mobilisés sur la valeur de la nue-propriété, calculée selon le barème de l'article 669 CGI. L'allocation est similaire à celle de la poche 1 : produits structurés à capital protégé, mais orientée capitalisation plutôt que distribution.
Poche 4 — Opportunités (2 M€ / 8 %)
Cette poche, logée en compte-titres individuel, est réservée aux opportunités ponctuelles : participations non cotées dans des sociétés accompagnées par l'entrepreneure, co-investissements avec des pairs, ventures privés sélectionnés. Elle est volontairement modeste en proportion, car illiquide et exposée. L'enveloppe compte-titres permet une gestion souple, adaptée à des opérations d'investissement ad hoc.
Ce que ce chiffre signifie concrètement
Les poches 1 et 2 combinées (17 M€) génèrent un flux de coupons cible de 6 à 8 % par an, soit 1,0 à 1,4 M€. La poche 3 (3 M€) capitalise en attendant la transmission et peut aussi distribuer ponctuellement des coupons réinvestis. La poche 4 (2 M€) ne distribue pas, elle capture la valorisation. Au total, un flux distributable de 1,4 à 1,6 M€ par an est raisonnablement atteignable, sans rachat sur le capital.
Ce flux couvre largement le train de vie de l'entrepreneure. Le surplus est réinvesti dans les poches 1 ou 2, ce qui nourrit la croissance du capital. La poche 3, fiscalement préparée dès le premier jour, constitue le socle transmis aux enfants : sa valeur s'apprécie, mais les droits de donation ont été calculés à la valeur d'origine.
Le capital ne diminue pas. Les revenus sont prévisibles. La transmission est anticipée. Trois objectifs distincts, portés par une architecture unique.
Pourquoi cette approche fonctionne
La force de l'architecture tient à la spécialisation des enveloppes. L'assurance-vie luxembourgeoise offre le cadre fiscal de l'art. 125-0 A CGI — abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € par couple sur les gains après 8 ans, taux réduit — couplé au triangle de sécurité du CAA luxembourgeois et au régime de l'art. 990 I CGI en matière de transmission (abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans). Le contrat de capitalisation permet un démembrement net, sans réduction d'assiette fiscale, avec transmission de la nue-propriété aux enfants. Le compte-titres apporte la liquidité et la flexibilité opérationnelle.
La composante produits structurés permet une prévisibilité que les fonds traditionnels ne peuvent pas offrir : les coupons, les barrières, les dates d'observation sont définis contractuellement à l'émission. Nos produits sont fabriqués en interne, ce qui nous permet de calibrer précisément les conditions tarifaires et d'obtenir des coupons supérieurs à ceux des produits de distribution bancaire classique.
La construction n'est pas un choix de produits. C'est un choix de fonctions, chacune portée par l'enveloppe la plus adaptée et par des instruments calibrés sur-mesure.
Ce que ce cas illustre sur notre rôle
Passer de 22 M€ cash à une architecture patrimoniale ne se fait pas en quelques semaines. La séquence est dense : audit de la situation globale, échanges avec le notaire pour calibrer la poche transmission, rédaction des clauses bénéficiaires, sélection des compagnies d'assurance luxembourgeoises, souscription des contrats, allocation initiale. Chaque décision conditionne la suivante.
Notre valeur réside dans la construction intégrée. Nous ne plaçons pas 22 M€ dans un ou deux produits : nous bâtissons une architecture qui a une logique de long terme. Chaque poche est pensée pour une fonction, chaque fonction est logée dans l'enveloppe fiscale adaptée, chaque enveloppe est alimentée par des instruments calibrés pour cette fonction précise.
Le suivi est tout aussi important. L'allocation est revue chaque année en fonction des marchés, de l'évolution de la situation de l'entrepreneure, de la croissance des enfants. Les coupons sont pilotés, les produits arrivant à échéance sont renouvelés ou redéployés, les clauses bénéficiaires sont actualisées. L'architecture reste cohérente parce qu'elle est entretenue.
Un patrimoine de cette taille n'est pas une somme à placer. C'est un écosystème à construire. Notre métier, c'est la cohérence entre les poches, les enveloppes, les instruments, et la trajectoire de vie qu'ils servent.